Un SITE BLANC - Lancement
novembre 25th, 2009Saint Leu La Forêt
octobre 21st, 2009Hossegor
octobre 2nd, 2009Félix - Alex - Porte de Clichy
octobre 1st, 2009Paysage en bordure - Marche 1
octobre 1st, 2009Démarrage du projet sur les zones non-cartographiées, plus spécifiquement les bordures d’autoroutes.
Le projet démarre avec une marche le long de l’A10 entre Les Ulis et Massy, puis le long de la route des pistes à Orly. Prises de vue et prises de son effectuées le long des voies ainsi que sur les espaces paysagés générés par l’apparition d’une voie rapide.
Prises de son : Gil Savoy
Photographies : Emilie Vialet
Lacs
mai 21st, 2009Du blanc pour un paysage exploré
mai 21st, 2009Après l’écriture de son livre blanc, Philippe Vasset met en place en collaboration avec Xavier Courteix, le site blanc. Site participatif où plusieurs protagonistes touchés par la problématique du paysage réel pourront choisir et nourrir de leur “définition” des sites dits “non-cartographiés”. Ces zones blanches pourront donc, à travers ce projet web, être rendues visibles d’un point de vue photographique, littéraire, vidéo ou audio …
Le site blanc existe déjà : www.unsiteblanc.com
Le site sera publié sous sa nouvelle version cet été… A suivre donc.
Approche du “paysage réel”
décembre 21st, 2008Le paysage, dimension culturelle qui a vu le jour avec la peinture, est désormais un sujet emblématique de la photographie contemporaine.
Influencée par le Land Art et l’image documentaire, sa représentation connaît un essor considérable au lendemain des années soixante-dix. Notre environnement quotidien devient au même moment le théâtre de transformations importantes : massacre côtier, déchirure du tissu social, écartèlement du réseau de communication, développement des zones périurbaines, lieux de transits et de commerces expansifs, inversion de l’habitat entre ville et campagne…Pourtant, le rapport entre l’homme face à son environnement n’a jamais été aussi fort et les moyens pour le comprendre aussi diversifiés. La photographie devient progressivement le meilleur outil pour révéler la complexité du monde contemporain. Le « paysage en miette » énoncé par François Hers dans les années quatre-vingt peut alors être saisi à travers la fragmentation du cadrage et la fixité de l’image.
Peu à peu, les images tentent de résister aux paysages nostalgiques et irréels que les agences de voyages, publicitaires et immobilières veulent nous substituer. Dès lors, certaines pratiques contemporaines ne nous montrent plus la nature comme un donné, un être-là mais plutôt un espace altéré et corrompu par la main de l’homme. La notion de « non-lieu » se développe autour de cette forme de manipulation ou d’ingérence du territoire. Sa théorisation vient bien après sa représentation avec Michel de Certeau, en 1980, lorsqu’il met en évidence l’idée d’ « indéterminés ». Plus tard, vont émerger les notions de « non-lieux » ou de « Tiers Paysage » que Marc Augé et Gilles Clément utilisent pour renommer ces espaces ingrats, délaissés, fonctionnels ou encore inqualifiables. Les espaces hybrides ont ainsi trouvé un nom, mais qu’en est-il de leur représentation ?
La représentation de ce qui pour nous n’a jamais fait écho en tant que paysage pose la question du rôle de la photographie dans l’acceptation et la compréhension de ces formes paysagères ignorées. En quoi participe-t-elle à mettre en évidence la notion de non-lieu dans nos paysages actuels ?
L’intérêt porté aux « paysages réels » est un phénomène très récent. Il reste beaucoup plus tardif que les représentations artistiques de paysages perspectives ou allégoriques. Après son apparition fondamentale à la Renaissance, il faut attendre le 19ème siècle pour voir l’intérêt du paysage se déplacer vers ces « paysages réels » dans les arts majeurs . Les artistes s’engagent enfin dans un corps à corps avec la nature qu’ils représentent, et élargissent ainsi les possibles réponses contenues dans la diversité des paysages. C’est alors un véritable glissement de notre vision du monde : la transformation en valeurs esthétiques de paysages que la plupart des hommes avaient jusque là regardés sans se dire que c’était beau. Des artistes comme Vincent Van Gogh (1853-1890) se risqueront à représenter des « zones » que le promeneur contemple comme une paysage infâme ou dénué d’intérêt : les faubourgs des villes, les ruines. Dès 1825, le travail de Camille Corot (1796-1875) bascule vers le motif que lui inspire la campagne de Rome. Dans certaines de ses peintures, son étude de la nature s’attarde sur un paysage désolé. Les couleurs et la composition ne mettent en évidence aucun sujet principal. Le motif est extrait d’un paysage intermédiaire, ni complètement rural, ni entièrement vierge. Peut-être parce qu’il n’est pas un sujet à part entière, le paysage désolé permet de se concentrer sur les formes. L’empaysagement d’un lieu inqualifiable commence à naître.
L’Ile Saint-Germain
novembre 24th, 2008La photographie contemporaine a alors développé un intérêt fort pour le non-lieu en tant que paysage actuel. Ses représentations ont contribuées à réfléchir en termes écologiques et esthétiques sur notre vision de la nature. Le non-lieu est désormais présent partout dans notre environnement. La nature en survie qui en a pris possession inspire ainsi à reconsidérer les parcs naturels et les parcs publics dans la continuité des formes du paysage contemporain. C’est en le traversant ou en le photographiant qu’on se rend compte d’une certaine liberté générée par l’abandon.
Ainsi, quelques paysagistes jardiniers s’intéressent à cette forme du paysage mis en valeur par la photographie. Certains parcs publics sont alors le prolongement de l’état indécis dans lequel il se trouvait avant d’être réinvesti. La paysagiste Beth Chatto a réalisé un « jardin écologique » à White Barn House (Essex), incluant divers types d’habitats, sans aucun arrosage. Situé sur un terrain en friche doté d’une source, ce jardin a immédiatement séduit la créatrice, qui a conservé la plupart des arbres en place. Elle planta peu à peu des espèces appropriées au site, les associant d’une façon écologique à la végétation courante des délaissés. De la même manière, le parc de l’île Saint Germain à Issy-les-Moulineaux, est le résultat de l’appropriation d’un non-lieu. Ancienne friche militaire, ce parc a été réaménagé dans les années 1990, au moment de la prise de conscience d’un environnement particulier à préserver. Le non-lieu, loin d’avoir été jugé insignifiant par les écologistes, est transformé en jardin public.
Le projet paysager proposé par Yves Deshayes en 1995 veut favoriser l’épanouissement d’une flore propre aux délaissés. La démarche fut d’analyser les arbres et les plantes spontanées qui avaient reconquis l’espace. Certaines d’entre elles, visibles dans les non-lieux, sont des espèces devenues rares. Pourtant dépourvue d’intérêt, la flore sauvage de l’île va alors être prise en compte dans la structuration du parc parce qu’elle forme une nouvelle manière de montrer la nature aux citadins. Paysagistes et jardiniers encouragent alors l’apparition d’espèces spontanées et la colonisation dense d’espaces isolés. L’intervention minimale du jardinier laisse toute son autonomie à ces espaces indécis. Nous retrouvons la forme paysagère des terrains vagues, des friches, des délaissés ainsi qu’une végétation commune aux bordures d’autoroutes.